Printemps 100 002

(Michel Tonnerre / Yannick Ar Bleiz)
album : Ar Mor (Les Arts en Portée, 2012, Ref. : CDMT01)
A la limite du clan des Alakalufs
Sur une plage noire de sables aurifères
Devant mon feu de bois que le blizzard étouffe
Je sens vibrer en moi toute la cordillère
Sur cette terre de feu où chiens, chevaux et hommes
Sont voués à la mort et à la contrebande
Dans le golfe des peines, aux confins du Cap Horn
J'attends de ses nouvelles, là-bas, au pied des Andes

Là-bas sur le glacis, au bord de la morène
Se détache un point noir que l'on distingue à peine
Est-ce un chevalier gueux des plaines del Fuego
Son cheval avec peine assure ses sabots

Il progresse à présent dans les champs de pierrailles
Avançant prudemment sur des patins de paille
Le cavalier, sans doute, est expérimenté
Il connait les secrets de la monte en glacier

La voila qui s'approche dans les champs d'asphodèles
Son allure est altière mais sa stature est frêle
On distingue à présent la cavalière en selle
La plage de sable blanc en devient arc-en-ciel

Elle est venue de loin, par la trouée du nord
Empruntant le chemin du col du bois mort
Son cheval est fourbu, son visage fatigué
Raconte moi, amie, tout de l’autre côté

Elle est belle et blonde, elle s'appelle Gohr
A mes yeux ses cheveux sont comme paille d'or
Dans le soleil couchant, au-delà des montagnes
Tout en la regardant, l'éternité me gagne


Puis elle est repartie, à brides abattues
Les reflets du soleil la cachent à ma vue
Les pas de son cheval s'estompent et se délitent
Là-bas dans mon errance l'éternité me quitte

Elle est belle et blonde, elle s'appelle Gohr
A mes yeux ses cheveux sont comme paille d’or
Dans le soleil couchant, au-delà des montagnes
Tout en la regardant, l’éternité s’éloigne (bis)

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